Call for Papers: Negotiating asylum and accommodation - Migrants, refugees and host societies. Early Modern and Modern Periods

Bewerbungsschluss: 30. April 2018

Who do we welcome into our societies? Whom do we deny asylum and accommodation? Over the last few years, we have witnessed rather emotional debates in the media and the public sphere at large pointing to the so-called “migrant crisis” – in France, Germany and in many other European countries.

These debates come with a number of related arguments: the obligation to host and assist individuals / groups / people in distress is weighed against the age-old and widely accepted Malthusian argument that a territory’s resources are limited. Thus, welcoming people “from afar” without control might “endanger” local people, meaning the ones that are allegedly “from” the territory. Moreover, some fear that the “identity” of the territory’s “nation” / “people”/ “natives” would be threatened, should newcomers become too numerous and/or too “different”. Foreigners’ “alien” practices and institutions, so the argument goes, would produce “parallel societies” and would thus, again, threaten the host country.

Many of these debates reveal a much-forgotten reality: individuals and groups in need do not find ipso facto asylum and support in a given country, even if the latter claims to comply with human rights law and humanitarian principles. Asylum has to be negotiated. Asylum is asked for, solicited and argued for. The actors involved develop specific strategies, they negotiate, they sometimes make deals and they quite often have to plead or to contend for international aid. There is much at stake: helping people in need means that we draw on a given country’s resources to allow “alien people” to benefit from it – in the form of food, accommodation, diplomatic or even military aid.

These logics are as ancient as they are unstable. Still a few decades ago refugees in distress were looked upon as “the bad or ugly” (Lucassen/Lucassen) migrants, whereas “migrants” came across as profitable newcomers bringing welcome skills and riches with them. During the early modern period similar arguments were put forward. The “utility” of migrants in terms of religious denominations, specific skills or the imperial authorities’ interest in colonists for their ever-growing empires played a significant role in the accommodation of refugees. Competition and xenophobia prevailed, though, when members of a city’s guilds refused to admit “alien craftsmen” among their ranks as was e.g. the case in Brandenburg-Prussia where the prince had welcomed these refugees in 1685 – if only for some time (Lachenicht, 2010). Disputes were also common in the redistribution of offertories collected by charity and relief institutions.

With this conference we intend to bring together and compare examples from the early modern and modern periods. This should allow us to better understand practices of negotiation by highlighting differences or similarities and raising new sets of questions.

We welcome proposals which answer (some of) the following questions:

Negotiating institutions and individual actors:

- Which institutions did grant asylum or send aid and succour/rescue/assistance?

- Who does negotiate asylum? Asylum seekers, local or state authorities, some “third parties” such as association representatives, local communities, etc.?

- Whose interests are negotiated? The asylum seekers’? The host societies’? Elite groups’ among asylum seekers? How do these groups communicate with each other?

- How do host societies react to asylum, aid and the accommodation of refugees?

Negotiation arguments, references and shape:

- How do/did negotiations take form? Which media do “negotiators” use – for which purposes? Pamphlets, correspondence, TV, radio, social media?

- How do asylum seekers, their representatives or third parties relate to past refugee “crisis”, past migrations? Do they represent the latter as opportunities or as a threat?

- Which arguments are being used in the negotiation of asylum, aid and accommodation? The refugees’ suffering and ordeal?

- Which terms are being used: asylum / refugee / migrant / exile? How do they integrate into other discourses / narratives? What do they mean? And who uses which terms for whose purpose?

- What about the “good, the bad and the ugly”? Do some “people” prefer “some refugee people” over others? And if so – why?

The conference will be organized by the research center “FRAMESPA” (CNRS (UMR 3136 / Université de Toulouse 2 Jean-Jaurès), the University of Bayreuth and by the German Historical Institute in Paris. Presentations and discussions will be in French and English.

We are currently applying for funding to cover travel expenses and accommodation. If successful, we will reimburse travel expenses and cover accommodation costs.

To submit a paper please send a one page abstract and a short CV to negocier.accueil(at)gmail.com by 30 April 2018

Programm

Négocier l’accueil - Migrants, réfugiés et sociétés d’accueil

Époques moderne et contemporaine
Paris, 20-22 mars 2019

Qui peut-on accueillir et qui peut-on légitimement repousser ? Cette polémique a fait rage durant la « crise des migrants » telle que l’ont relayée bien des médias et des discours publics, en France comme en Allemagne et plus largement à travers toute l’Europe.

Plusieurs logiques s’opposent en la matière : le devoir d’accueillir et de secourir les individus/groupes/peuples en détresse contre l’argument malthusien, largement répandu et souvent accepté, postulant que les ressources d’un territoire sont par nature limitées et que, mécaniquement, l’on ne saurait accueillir de façon trop ouverte sans mettre en danger les populations en place, celles données pour « originaires du pays ». S'y ajouterait l'idée que « l'identité » de la « nation » / du « peuple » / des « autochtones » serait menacée si les nouveaux venus sont trop nombreux et/ou trop « éloignés » ou trop « différents ». L’afflux d’individus porteurs de pratiques exogènes finirait par générer des formes de groupes institutionnellement et/ou culturellement encapsulés dans la société d’accueil.

Ce débat met en avant une réalité souvent occultée : les individus ou les groupes dans le besoin ne trouvent pas ipso facto asile dans un territoire, même gouverné selon des principes dits « humanistes ». L’accueil se négocie. Il est demandé, sollicité, plaidé ; il fait l’objet de stratégies de la part des acteurs concernés ; il s’accompagne de tractations, voire de transactions et souvent de la nécessité d’argumenter l’aide internationale auprès des populations qui accueillent les réfugiés/migrants. Il s’agit finalement toujours d’un même enjeu central : puiser dans les ressources territoriales pour en faire bénéficier – sous quelque forme que ce soit, alimentation, secours militaire, diplomatique – une population « non-autochtone ».

Ces logiques sont anciennes. Elles sont aussi labiles : il y a quelques décennies, c’étaient les réfugiés démunis que l’on répugnait à accueillir, au contraire de migrants porteurs de richesses humaines et pécuniaires. À l’époque moderne, des arguments semblables, mais aussi très différents, comme l’appartenance confessionnelle, la charité chrétienne ou l’intérêt fiscal des autorités dans les Empires pour de potentiels colons, entraient en ligne de compte. De multiples distinctions jouent ainsi à toutes les échelles. Elles sous-tendent par exemple le refus des membres des corps marchands et artisanaux européens d’ouvrir leurs portes à des artisans qui n’ont pas été formés en leur sein, d’où le refus des corps de métiers des villes du Brandebourg d’accueillir des réfugiés huguenots auxquels le prince avait ouvert les bras en 1685 – pourtant seulement pour un certain temps (Lachenicht 2010). Elles sont également en toile de fond dans le contrôle de la distribution des ressources de la charité, par les églises de l’époque moderne.

De ce fait, ces logiques de répartition amènent les acteurs qui sont partie prenante de ces circulations humaines et de ressources à développer des stratégies discursives pour recevoir de l’aide : qu’il s’agisse de plaider pour obtenir l’asile auprès des princes pour des autorités, de justifier l’aide qu’elles fournissent, les ressorts de l’argumentation se déploient à plusieurs niveaux. Surtout, ces stratégies puisent leurs modèles dans des pratiques discursives qui dépassent très largement le cadre de l’accueil « humanitaire », comme les suppliques ou les demandes de lettres de rémission étudiées par Claude Gauvard.

Articuler les périodes modernes et contemporaines permet, par la comparaison, de mettre en évidence des continuités en particulier dans les pratiques de négociation et les discours de justification.

Les travaux du colloque qui aura lieu à Paris du 20 au 22 mars 2019 traiteront de manière privilégiée des questions suivantes :

Acteurs et institutions :

- Quelles sont les institutions qui donnent asile dans les pays d’accueil ou qui envoient de l’aide ?

- Qui est amené à négocier : les demandeurs d’asile, les autorités, des « tiers » - associations, membres de communautés installées, etc. ? Y a-t-il des instances dédiées et quelles sont-elles ? Sont-elles représentatives ou émanent-elles d’individus particuliers ?

- Comment les négociations s’articulent-elles avec les différents « groupes » sociaux, qui peuvent manifester des intérêts divergents ? Y a-t-il par exemple un intérêt derrière l’aide « désintéressée » ? Comment se structurent les rapports de force entre les membres ?

- Comment les populations concernées réagissent-elles à la procédure d'aide ?

Formes, référents et arguments

- Quelle(s) forme(s) prennent la négociation et l’argumentation : publications, échanges épistolaires, envois d’émissaires, « réseaux sociaux » aujourd’hui ?

- Quel rôle joue l'expérience/l'histoire de l'accueil d'autres réfugiés ?

- Quels sont les procédés argumentatifs mis en œuvre ? Par exemple, comment la souffrance des populations à la recherche d'un accueil est-elle valorisée dans les discours ?

- Quels sont les termes utilisés : asile, réfugié, migrant, exilé ? Dans quels discours ces notions s’intègrent-elles et que signifient-elles ?

- Qu’en est-il d’une « hiérarchie » dans les populations à aider (question du choix et des arguments de ce choix) ?

Le colloque est organisé par le laboratoire FRAMESPA (UMR 5136) de l’université de Toulouse Jean Jaurès, l’université de Bayreuth et l’Institut historique allemand (Paris).

Les propositions de communication d’une page (titre de la contribution, résumé) sont à envoyer accompagnées d’un CV d’une page avant le 30 avril 2018 à negocier.accueil@gmail.com.

Kontakt

Prof. Dr. Lachenicht
Lehrstuhl für Geschichte der Frühen Neuzeit Universität Bayreuth
susanne.lachenicht(at)uni-bayreuth.de 
and
negocier.accueil(at)gmail.com