« Auctorialité ». Repenser l’auteur dans les arts et l’histoire de l’art

03.06.2019, Studientag, DFK Paris

« L’auteur n’est pas mort, il se survit… »

L’étude attentive de la genèse d’une œuvre démontre qu’un artiste n’en est pas toujours le seul auteur. Ces réflexions, dont les développements épistémologiques ont d’abord été appliqués à l’histoire de la littérature, ont conduit à l’apparition du terme « auctorialité ». L’usage de ce néologisme et des problématiques qu’il recouvre s’est récemment ouvert à d’autres disciplines comme l’histoire de l’art, à travers les travaux notables de Charlotte Guichard et de Maria H. Loh.

Les tendances contemporaines de l’appropriation et de la citation, ainsi que les nouvelles technologies et le champ de leurs possibilités, ont contribué à renouveler au cours des dernières années notre conception de l’auteur et ont rendu nécessaire un élargissement des outils scientifique et théorique de l’historien de l’art. L’article de Roland Barthes, La mort de l’auteur, paru en France en 1968, ainsi que les développements concomitants sur cette question chez des philosophes et théoriciens tels que Michel Foucault, Umberto Eco ou Julia Kristeva, dans les années 1960, ont contribué à interroger le sens à donner au mot « auteur » dans les arts et l’histoire de l’art. Il en va donc d’un renouvellement du regard porté sur les enjeux du concept d’auctorialité afin de proposer des modèles théoriques qui permettront de le repenser dans une perspective contemporaine.

A travers plusieurs tables-rondes, ce colloque entend mettre en évidence ces différents développements théoriques et renouveler notre manière de penser et comprendre un auteur dans la création artistique en abordant des exemples allant du XVIe au XXIe siècle. En multipliant les sources disponibles, qu’elles soient textuelles, archivistiques ou visuelles, en soulignant l’importance des pratiques collaboratives, ou encore en étudiant l’évolution sémantique du terme d’auteur, nous chercherons à mettre en valeur la pluralité des approches épistémologiques relatives à la question de l’auctorialité en art et en histoire de l’art. En quoi les pratiques d’atelier et de copies à la période moderne (XVIe-XVIIIe siècles) viennent contrarier l’idée romantique du génie de l’artiste ainsi que de la prétendue originalité et singularité de son oeuvre ? Dans quelle mesure ces discussions ouvrent-elles le champ au courant du nouveau connoisseurship ? Comment peuvent-elles être comprises dans un monde de plus en plus mondialisé ? En quoi l’étude de ces questions sur l’originalité met-elle en perspective les débats plus récents concernant les déve- loppements technologiques et numériques ? Enfin, en quoi le concept d’auctorialité abrite-t-il d’autres questionnements, comme celui de la place de l‘interprète dans la performance artistique et chorégraphique ?

En somme, ce colloque vise à aborder les différents récits historiographiques ainsi que leurs développements sur le plan du travail artistique, collectif et post-auctorial du XVIe au XXIsiècle.

Conception et organisation: 
Ann-Cathrin Drews, Soersha Dyon, Dominik Eckel, Milena Gallipoli, Jannik Konle, Blanche Llaurens, Agata Pietrasik, Annabel Ruckdesche

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